Bien des mauvaises interprétations de la « Loi du kamma » sont dues au fait qu’on oublie que ce processus n’est pas indépendant de la Loi qui régit tous les phénomènes et qu’il n’est, à vrai dire, que l’une des manifestations – parmi d’autres – de la « coproduction conditionnelle » (paticca-samuppāda). Ainsi la Loi du kamma ne peut-elle être réellement comprise qu’en la replaçant dans le contexte d’une école de pensée à laquelle le Bouddha se rattache, « l’école des causes multiples » (nānā-hetu-vāda), se distinguant ainsi autant des tenants de « l’école de la cause unique » (eka-hetu-vāda) que de ceux de « l’école des causes anciennes » (pubbakata-hetu-vāda). C’est aussi dans le contexte de cette Loi des causes multiples qu’il faut comprendre la notion, apparemment si étrange, de « transfert de mérite », au moins telle qu’elle est présentée par l’école Theravāda.